Partie 1 – “La liberté, c’est la faculté de choisir ses contraintes” (A quatre mains)

F.
Prologue

Volontairement, il avait tout disposé en évidence.

“Tu sais ce qui t’attend ”  me dit-il,  “Tu peux encore revenir en arrière, nous buvons un dernier verre et nous nous séparons”.
“Oui, je sais” répondis-je d’une voix qui se voulait ferme.
“Alors déshabille-toi… en silence et lentement que je profite de ton corps.”
Sans le lâcher du regard, je fis glisser ma robe par terre, puis les bretelles de mon soutien-gorge, je jouai un instant avec l’élastique de ma culotte avant de me dénuder complètement.
Je restai ainsi le regardant sans trop savoir quelle serait la suite. Il restait silencieux, certain que le trouble viendrait provoquer chez moi des rougeurs aux joues et les premiers picotements au ventre.
“Redresse-toi, bras croisés en arrière et écarte les jambes”.

Les ordres tombaient, me soulageant paradoxalement de ma gêne grandissante.

O.

Je n’avais pourtant jamais été aussi exposée qu’en cet instant, légèrement cambrée et offrant à sa vue mes courbes sans artifice. Il était derrière moi et je pouvais sentir son regard avec une intensité accrue. Il perçut le sentiment qui m’envahissait doucement et son exigence augmenta avec mon trouble.

“Penche-toi en avant et montre-moi.”

J’avais très bien compris ce qu’il désirait. Il aurait été pour moi cent fois plus simple de subir mes premiers coups plutôt que de livrer ainsi mon intimité à son regard perçant qui m’effrayait encore. Je me fis hésitante, et mes joues me semblèrent aussi brûlantes que ce qui palpitait entre mes cuisses depuis de longues minutes déjà. Il ne dit rien et je lui fus reconnaissante de me laisser quelques secondes de répit.

Il me fallut ces quelques instants pour faire le vide dans mon esprit et accueillir l’obéissance. Arrêter de réfléchir et obéir. Avoir confiance.

Alors doucement, je me penchai en avant. Mes mains vinrent saisir mes fesses pour les écarter avec soin. Elles s’échouèrent ensuite sur mes lèvres gonflées. Le bruit indécent de ma chair liquide révéla mon clitoris, puis ma fente ouverte. J’ haletai, et le plaisir coupable d’exhiber mon désir s’insinua violemment dans chaque parcelle de mon esprit.

Je ne pouvais pas voir son regard et préférais fermer les yeux pour me concentrer sur mes autres sens. Il ne parlait toujours pas et je m’efforçais de tenir la position. Il le faisait exprès. Il attendait. À chaque instant je me sentais couler davantage à l’idée que j’étais en train de m’offrir à lui simplement car il l’avait exigé. Et je me mettais soudain à désirer que l’insolence de mes chairs humides et brûlantes fût capable de le faire durcir.

F.

Je la regarde révéler son désir aussi crûment que l’aurait fait une vieille putain rouée.  Je ne la croyais pas capable de s’exposer ainsi dès notre  première rencontre. Il faut dire que nos échanges sont récents, trois, quatre semaines  tout au plus. Très vite j’ai été attiré par son esprit rieur et  son intelligence vive. Au fil des confidences,  elle m’a fait comprendre que derrière son air de jeune fille sage, belle à croquer se cachaient d’autres aspirations.

Des lectures fiévreuses lui avaient donné envie de s’abandonner au pouvoir d’un autre. Elle, d’ordinaire si fière et indépendante, frissonnait  à l’idée  d’être  sous la coupe d’un maître et de se retrouver  exposée, palpée, fouillée, ouverte,  offerte  à son bon plaisir. Une première expérience l’avait laissée sur sa faim mais l’avait confirmée dans son désir  de n’être plus qu’un corps jouissant où plaisir et douleur s’entremêlent à l’infini.

Aussi, malgré l’éloignement et la différence d’âge entre nous, elle avait accepté que nous nous retrouvions en « terrain neutre » avait-elle dit en riant.

Je l’avais laissé libre de choisir sa tenue et le jour dit,  j’ai vu apparaitre une jeune femme pétillante,  aux yeux rieurs, ne cachant pas  ses rondeurs appétissantes.  Le repas  a été l’occasion de la tester par des épreuves  passées inaperçues des  autres clients : garder les jambes écartées sous la nappe amidonnée, se caresser et goûter ses doigts enrobés de son émoi en attendant la commande. Seul, le serveur avait  pu remarquer la rougeur de ses joues et un léger tremblement de la voix au moment où elle énonça le choix de ses plats. Au cours du repas, la discussion alla bon train, nous échangions sur nos goûts réciproques.  La diablesse a en même rajouté  au moment du dessert en trempant son doigt dans la crème de chantilly pour mieux le sucer.

Je l’ai sentie plus fébrile en allant à l’hôtel, aussi je pris le temps de lui proposer un verre au bar  afin qu’elle se reprenne et qu’elle choisisse d’elle-même si le « vrai » jeu commençait ou non.

Elle avait dit oui, cela signifiait qu’elle devenait, pour la nuit  qui commençait, une Catin offrant ses charmes sans mot dire et exposant son corps à la morsure du cuir.

Je l’ai laissée ainsi dix minutes à exhiber son cul, lui demandant simplement de se doigter sans vergogne. Au moment où sa respiration s’accélère, alors qu’elle s’apprête à  haleter de plaisir, je saisis la cravache qu’elle avait vu posée sur la table basse et je la fais claquer par deux fois sur ses fesses, l’arrêtant  net dans sa volonté de jouir.

« Jeune Catin, sache que ton plaisir m’appartient. Tu apprendras à jouir seulement à ma demande. Pour l’instant, redresse-toi, reste les jambes écartées et croise les bras dans le dos. Il est temps de passer aux choses sérieuses. »

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