Jeune fille

Que croyez-vous faire ici, jeune fille ?

Le ton est sec, presque cassant. Il suinte de cette suffisance des femmes plus âgées au visage pourtant plus doux et à l’esprit plus libre.

La jeune fille relève la tête. Bien élevée. On ne parle pas la bouche pleine, mon enfant. Les doigts de sa main droite s’extraient délicatement des chairs frémissantes. La main gauche délaisse des bourses pleines.

Regard contre regard, elle suce un à un ses doigts. Elle a les manières d’un félin, pris en faute mais jamais coupable. Elle est vexée. Une jeune fille, elle… Elle qui se prend pour une femme et pèche par orgueil.

Oh. C’est qu’il est à vous, Madame ?

Visiblement oui. Elle reconnaît la jalousie, les muscles de ses cuisses brunes tendus, la poitrine pointée vers l’avant, les lèvres pincées, le regard assassin sous une mèche de longs cheveux blonds. Mais comment jalouser son propre corps de jeune fille, encore gauche et rond, maladroitement exposé par des dessous rouges trop vulgaires ? Femme contre jeune fille, la comparaison ne saurait être soutenue. Elle n’a pour elle que l’insolence de sa jeunesse et la fermeté de ses seins. Face à l’autre et malgré ses manières désinvoltes, elle s’empourpre et cherche à se dissimuler.

Une main masculine l’attrape et la révèle. Voilà des lèvres collées contre sa nuque puis qui chuchotent à son oreille.

On dirait qu’il va falloir te faire pardonner, jeune fille.

Le ton est aussi sec. L’effet des termes employés est radicalement différent. Elle grogne de l’entendre la taquiner à son tour et du désir simple et brut que ce dénominatif provoque entre ses lèvres encore entrouvertes et bruyantes du plaisir. Il n’a pas l’air offusqué, il s’amuse de ce tête-à-tête qui se joue sous ses yeux et arbitre.

Et en effet, lentement, il lui faut amadouer l’esprit féminin qui livre son corps avec rancune. En contraste avec sa propre chevelure trop courte, elle perd ses mains dans la blondeur douce qui la fascine. Sous ses doigts, l’incarnation d’une féminité aussi enviée que haïe qui cache ou révèle une nuque au parfum délicat.

A nouveau, les mains masculines la guident dans sa découverte. Elle goûte petit à petit au mystère et travaille à se faire pardonner. Elle est une jeune fille assidue qui s’ouvre au plaisir féminin dans ses recoins les plus mystérieux. De la pointe de la langue puis à pleine bouche, elle se perd avec délices. Bientôt, les mains l’abandonnent et s’éclipsent. Il ne reste plus que la femme sous son regard émerveillé qui esquisse un sourire bienveillant, d’un rouge magique.

Elles se racontent, entre filles, entre femmes.

Elles réconcilient leurs corps, entre femmes, entre filles.

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Jouis ! [Des non-vertus littéraires de la jouissance]

Je n’ai jamais tenu la jouissance d’une femme entre mes mains, ni sous ma langue ou n’importe où d’ailleurs. Mais je suppose -et je pense qu’on me le confirmera sans doute- que la jouissance d’une femme peut prendre des formes multiples. La plupart sont très érotiques, belles et sensuelles, aisées à décrire par des mots qui brûlent le ventre et l’esprit. Je pourrais d’ailleurs m’essayer à cet exercice, je suis sûre que je saurais très bien imaginer la jouissance idéale.

En revanche, certaines jouissances se prêtent mal au récit. Parce qu’elles ne sont pas évidentes, pas fluides, voire laborieuses et moins sensuelles qu’on aimerait l’imaginer.

Les miennes entrent dans cette catégorie. Et cet ordre implacable n’a pour moi aucun sens. Je ne jouis pas sur commande, je ne jouis pas sous les assauts d’un membre viril -pardon Messieurs, il faut vous l’avouer, cela fonctionne rarement- et encore moins sous une langue aussi douée soit-elle.

Ma jouissance n’est pas habituelle, elle est un brin honteuse, alors je ne révèle jamais tout de suite comment elle fonctionne. Il me faut la main de l’amant sous moi, absolument immobile tandis que je me l’offre sur le ventre en m’accrochant à mes pensées sombres, parfois mêlées aux paroles offertes.

Ma jouissance est vexante, solitaire, aride. Sans doute lassante.
Au début pourtant, elle est un challenge pour l’amant qui pense pouvoir me l’offrir miraculeusement d’une autre manière. Mais il faut l’admettre, ils n’ont jamais essayé très longtemps. Et moi, je n’aime pas être vexante alors tant pis.

Ma jouissance est ce petit plus qu’on m’offre si on a le temps. Et si on n’est pas trop épuisé par la baise intense qui précède. Elle est souvent négligée, anecdotique. Elle est frustrante et me suffit rarement.

J’effleure parfois autre chose d’à peine perceptible et qui ne mène jamais à son terme, qui brûle de plus en plus fort avant de redescendre sans être parvenu à son apogée.

Non, ma jouissance n’est pas cet abandon délicieux dans les bras d’un amant, elle est pleinement maîtrisée. Elle n’a rien d’une beauté traduisible en mots. Alors parfois, je l’invente autrement. J’élude sans mentir, ou je reste évasive sur l’acte mystérieux. C’est un peu plus facile, et confortable.

Partie 4 – “La liberté, c’est la faculté de choisir ses contraintes” (A quatre mains)

F

En prononçant ses mots, je mesure son émoi à la couleur des joues. Je lui retire le masque et me tenant debout devant elle, je lui dis : « Regardez-moi jeune Catin, vous êtes un diamant à peine sorti de sa gangue. Mon devoir est de vous  façonner  afin que vous puissiez briller de toutes vos facettes. Vous avez connu le feu du cuir et vous supportez jusqu’à maintenant  la douleur des fers avec vaillance. »

Je m’empare alors de la chainette qui pend entre ses deux seins et j’exerce une lente traction, tirant ainsi sur sa poitrine. « Restez droite jeune Catin, creusez les reins et tendez cette fière poitrine. Résistez  à ce tiraillement et ne fermez pas les yeux. Je veux que la douleur irradie vos seins et s’empare de votre corps ». Alors que je continue à tendre la chainette pendant de longues minutes, je la vois s’efforcer de garder la position jusqu’au moment où elle abandonne la lutte et chancelle en avant.

« Vous êtes vraiment très courageuse, jeune Catin, lui-dis-je en la relevant, il est temps de vous proposer une pause. Venez-vous asseoir au bord du lit que  je vous retire les pinces ».

La décharge électrique liée au retrait de la première pince la foudroie et, sans le bâillon, tout l’étage l’aurait entendue. J’attends qu’elle se retrouve son calme alors qu’elle a les larmes aux yeux et je recommence la même opération. De nouveau elle se tord de  douleur.

« Vous avez vraiment les seins sensibles jeune Catin, regardez ces magnifiques traces rouges. Imaginez quel effet auront les pinces posées sur vos lèvres intimes. »

Une lueur d’effroi traverse son regard.  « Je vous taquine, jeune Catin ; chaque chose en son temps, je veux pour l’instant vous donner ce que vous êtes venue chercher : les plaisirs d’un abandon sous la contrainte.».

Je lui retire le bâillon-boule  et je lui offre un verre d’eau avant de l’inviter  à s’agenouiller sur le lit, la tête sur l’oreiller, les bras le long du corps.

Une fois la position prise,  je lui précise ce que je vais lui faire : « Ces bracelets de cuir, jeune Catin, sont très pratiques. Ils se posent aux poignets et aux chevilles. Ne bougez  pas, je vais attacher votre  poignet droit à la cheville droite et faire de même de l’autre côté. Ainsi je pourrai abuser de vos deux orifices comme bon me semble, voire vous rappeler que vous avez l’épiderme sensible.

Pour la quiétude des voisins, je vous remets, jeune Catin, le bâillon-boule. Vous ne serez pas obligée de vous mordre les lèvres pour garder le silence. »

O.

Je retrouve doucement la vue, et sa bienveillance me touche autant que sa fermeté. Il est un professeur aussi parfait que j’aurais pu le rêver. Alors que les pinces me brûlent et que mes reins se cambrent pour lui offrir la pointe durcie de mes seins, tout disparaît à l’exception du son de sa voix. Je l’écoute, et je suis hypnotisée par chacun de ses mots. Je tiens la douleur, et sous son contrôle j’ai cette douce sensation d’être belle, forte. Je suis épuisée, mais fière de me dépasser si intensément pour lui.

Il est si calme. Tout en lui contraste avec mon état. Mes soubresauts, mes cris, mon corps qui perle d’envie et de violence par mes larmes, ma bouche et mon sexe bouillonnant. Je m’apaise avec lui en écoutant ses consignes, tandis que mes seins continuent à faire palpiter la douleur en une lente diffusion par vagues dans chaque partie de mon être. Je hoche la tête et tiens la position, la bouche à nouveau contrainte.

Désormais, je ne peux réellement plus bouger. Ni me plaindre. La posture me rappelle à chaque seconde mon corps à sa disposition. Cette fois, je ne rougis pas de cette exposition. Le creux de mon ventre s’enflamme alors que je l’entends défaire son pantalon sans pouvoir le voir. J’ignore depuis combien de temps sa queue est dure, ainsi emprisonnée. Il ne se hâte pas, il est maître du temps. Alors qu’il se rapproche, je gémis déjà et gronde d’impatience à travers le bâillon. Je suis ouverte. Je le sais, je le sens. Il n’aura pas besoin de me ménager, je n’ai jamais été aussi offerte.

D’un coup sec et puissant, il est en moi. Je crie et serre les poings alors que mon sexe s’écarte sous cette intrusion délicieuse. Il tient fermement mes hanches et s’enfonce avant de s’immobiliser. Ma respiration trahit la frustration mais je profite de le sentir tout au fond de moi, pour quelques instants intenses qui gravent le souvenir d’une première fois. Bientôt, mon bassin ondule et je ne peux m’empêcher de bouger pour provoquer le mouvement.

Implacable, il se retire brusquement en accompagnant son geste d’une grande frappe sur mes fesses marquées de rouge, ravivant la douleur. Mes dents se resserrent sur le bâillon et je cesse de bouger. Alors qu’il s’approche à nouveau, sa main caresse mon dos jusqu’à atteindre ma nuque pour la saisir.

« Vous êtes censée avoir appris les bonnes manières, Jeune Catin. Ne bougez plus, il est temps de vous laisser aller… »

La maîtrise dans sa voix est toujours égale, mais je la sens teintée par ce plaisir qui débute et cela suffit à provoquer une émotion supplémentaire. Je me reprends et obéis. Il sait ce qu’il doit faire. Il m’a tant offert en quelques heures…

Sa queue est mouillée de mon désir, et il se présente à nouveau tout contre moi. Cette fois, je le sens remonter légèrement puis prendre possession sans ménagement de ma voie la plus étroite. Je lui offre l’accès avec une facilité qui me déconcerte et tout n’est que plaisir. Je me sens l’enserrer pleinement alors qu’il va entre mes reins, lentement. Et pourtant je crie déjà de me sentir ainsi possédée de la manière que je préfère et de ne pas pouvoir décider du rythme qu’il choisit pour abuser de mon étroitesse.

Je sais qu’il va prendre plaisir à me surprendre, à contrôler chaque geste, chaque mouvement, leur intensité ou leur lenteur volontaire. Il se retire parfois, laissant mes orifices ouverts en une invitation insolente et obscène avant de reprendre l’un ou l’autre, me laissant davantage pantelante, gémissante et tremblante à chaque minute qui passe et augmente mon plaisir de n’être qu’un jouet entre ses mains.

Lettre à un Saint.

Cher vous,

Jeune femme insolente, avez-vous dit. C’est que j’aime jouer, frôler le loup, et risquer à tout moment d’être happée par ses crocs pour tomber à sa merci. Je ne peux refuser cette envie de vous offrir mes mots. Et je ne suis pas une brebis égarée, sachez-le. Mon innocence est parfois uniquement cette façade qui amuse et séduit, quand je le veux bien. Je joue les ingénues, pour le plaisir de ne plus l’être lorsque les masques tombent et que demeure le désir brut.

Il vous faudra être plus fort que moi, pour me transformer à nouveau en proie à dévorer. Pour me faire regretter mon insolence et obtenir ma reddition. Il y a certaines fiertés qui ne se brisent jamais sans lutte. Et sous ces airs bravaches, la volonté du lâcher-prise, sous vos mains et vos cordes.

Je ne contrôle pas toujours les idées fantasmatiques qui s’insinuent dans mon esprit, et une scène refuse de me quitter. Je vous la livre. Elle fait suite à un verre partagé en terrasse. Vous me savez hésitante, vous me torturez. Vous me racontez ce à quoi j’échappe puisque j’ai décidé d’être sage. Avec ce sadisme lent et parfaitement contrôlé alors que vous calculez les effets de chaque mot. Je réplique, je joue les désintéressées. Je provoque. Je voudrais que vous soyez aussi frustré que moi. Je rougis, je me lève pour partir et reviens sur mes pas. Vous avez gagné. Je ne résiste pas à votre danger.

Et dans la semi obscurité d’une chambre d’hôtel, vous enlevez un à un les vêtements qui encombrent. Vous me faites me mettre à genoux sur le lit, cuisses ouvertes et bras en avant. Vous laissez les cordes s’enrouler autour de mes chevilles, puis remontez peu à peu. La toile se tisse jusqu’à mes poignets et mes doigts, en un savant calcul pour que vous puissiez venir glisser entre mes mains un livre ouvert. Dans mon imaginaire, c’est Yves Bonnefoy, les Planches Courbes. De la poésie, belle. Vous me faites lire, pendant que votre torture prend forme. Vous mordez la chair. Promesse tenue. Ma nuque, mes épaules, mes fesses, mes cuisses, vous croquez en savourant ma voix qui ne tient pas en place. Vous infligez à mon dos de longues griffures rouges. Vous pincez, aussi. Vous rendez la moindre parcelle de mon corps brûlante et sensible. Vous me rappelez à l’ordre quand les mots m’échappent, et je devine votre sourire carnassier.

Vous m’aviez prévenue, j’aurais pu y échapper.

Et à présent, il est trop tard, je ne peux plus bouger. Entre les cordes, je suis tombée. Vous intensifiez la douleur. Je me refuse à demander grâce. Longtemps. Et votre langue remplace vos crocs de loup, en un nouveau supplice.

Voici ce que j’imagine, à partir d’un tableau apparu au moment de tomber dans les bras de Morphée. Il m’a semblé important de ne pas contrarier mon inconscient, je le laisse donc dialoguer avec vous, en espérant qu’il soit de bonne compagnie.

Epistolairement vôtre,

Olyse.

 

[Voici la réponse à cette lettre, sur le blog d’Antoine Saint-Michel, pour une étude sur la manière dont les fantasmes se transforment en réalité…

https://antoinesaintmichel.wordpress.com/2017/05/17/chere-olyse/]

Donne-moi un mot [Adultère]

Il y a l’épouse.
Il n’y aurait jamais dû avoir la maîtresse.

Vous avez résisté, longtemps. Vous avez joué un peu, sans conséquences. Mais la maîtresse a des jeux si attrayants que l’on ne peut y échapper. Pas quand ils vous font écho et vous correspondent si bien, des tréfonds de votre âme jusqu’à votre queue. Pas quand elle y met tout son talent et sa perversion pour vous convaincre qu’elle est exactement ce que vous voulez, ce dont vous avez désespérément besoin.

Il n’y a qu’elle pour gémir les mots que vous voulez entendre et encaisser les vôtres sans s’offusquer. Vous la pliez à vos envies les plus sombres et elle obéit. Toujours plus loin. Il n’y a plus de retour en arrière possible, pas quand vous êtes aussi libre d’user d’un corps et d’une âme.

Ce soir encore il n’y aura qu’elle, sur une croix taillée dans le bois. Offerte à vos plaisirs voyeurs et à votre regard perçant. Vous la possédez sans la toucher alors que ce sont d’autres qui la prennent et pour qui elle se livre. Sans hésitation.

Qu’y a-t-il de pire ? Les chaînes qui entravent ses mouvements, la transformant en objet à la praticité remarquable. La bouche maintenue ouverte et qui coule sur le sol sans retenue, sans honte. Le regard ailleurs, perdu dans un lieu inconnu et sombre, merveilleusement douloureux. Les cuisses trempées de tout le plaisir récolté sans dire un mot. Les marques rougies sur les seins et les cuisses. Ecartelée et possédée. Les cris résonnent encore.

Vous pourriez l’écouter des nuits entières gémir et hurler.

Vous n’avez jamais été si dur qu’à l’instant où elle reste seule face à vous, le regard épuisé. Elle est ivre. Elle est à vous. Il faut libérer sa bouche et obtenir ses aveux à présent.

Qu’as-tu fait de moi ?
Un homme adultère.

N’as-tu pas honte ?
Non.

Pourquoi ?
Parce que j’ai expié ma faute devant vos yeux. Et parce que j’ai aimé ça.

Alors je devrais te garder ?
Oui. Il est trop tard à présent. Vous ne pouvez plus vous passer de cela.

Que devrais-je faire ?
Me détacher et m’allonger sur le ventre. Et puis me prendre. Là où je n’ai pas été prise et souillée ce soir. Là où vous aimez jouir parce que je ne le refuse jamais et parce que je le mérite. Je vais crier pour vous alors que vous écarterez mes chairs jusqu’à oublier toute autre chose que moi. Votre maîtresse.

Donne-moi un mot [Abandon]

Jouons à cache-cache. Cours, va te cacher.
Je vais te chercher et te trouver.

Elle est nue. Avant de commencer le jeu, ses doigts se font joueurs et il la fouille. Il glisse en elle l’instrument de sa torture et garde en main de quoi pouvoir jouer. Le silence d’une après-midi paisible résonne.

1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10…

Elle court dans la grande maison lumineuse pour se cacher. Derrière le canapé de cuir brun qui fait dos au mur. Une vibration lui fait serrer les lèvres et elle se recroqueville. Le compte est presque fini.

Ne gémis pas, sinon je vais te trouver.

Il arrive à pas de loup. A intervalles réguliers, il appuie sur le bouton. Il triche de manière éhontée et passe dans chacune des pièces. A chaque fois qu’il en quitte une, elle revient sur ses pas et change de cachette.

Sais-tu ce que je vais te faire, lorsque je t’aurais trouvée ?

Et il raconte, à voix haute, grave. Dissimulée derrière un rideau, elle s’y agrippe en un souffle lent mais trop irrégulier. Malgré sa nudité, elle a chaud, d’une chaleur humide qui monte et l’envahit. Il lui suffirait de quelques mots pour abdiquer, avoir ce qu’elle veut.

Ta fierté te perdra…

Les vibrations sont de plus en plus rapprochées. Elle est pleine de ses mots, pleine d’une envie sombre. Son corps tremble. Elle se relève pour trouver refuge dans la cuisine. Sous la table, sa propre main s’égare entre ses cuisses comme pour essayer d’apaiser temporairement le désir d’une caresse plus appuyée.

Tu sais très bien que tu vas perdre. Je gagne toujours.

La respiration saccadée, elle sort de sa cachette et suit sa voix jusqu’au salon. Elle a les cuisses mouillées et tombe à genoux. Il la toise. Un regard perçant. Encore un jeu. Elle soutient son regard et son insolence s’efface peu à peu.

J’abandonne…

Elle abandonne, elle s’abandonne alors que ses doigts se serrent autour de sa gorge et la faire basculer au sol. Le jeu ne fait que commencer.

Partie 3 – “La liberté, c’est la faculté de choisir ses contraintes” (A quatre mains)

F.

Lui laisser le temps de se calmer était nécessaire si je voulais tester de nouveau sa capacité à affronter la douleur et sa peur. J’ai aimé le moment où d’une voix douce et hésitante elle me demanda que je me présente à elle nu. Mais qu’elle ne se trompe pas, ce n’est pas elle qui décide.

Je la fais mettre à genoux face à moi et lui tenant le visage, je lui dis : «  Comprends-tu jeune Catin que je suis le maitre de ton plaisir ?  Tu accèderas à la jouissance quand je jugerai que tu en es digne ; auparavant d’autres épreuves t’attendent ». Je joue alors avec ses seins, pinçant ses tétons pour qu’ils se dressent, je fixe alors deux pinces métalliques reliées par une chainette. En apparence la douleur est supportable mais la morsure des pinces sera moins tolérable quand j’exercerai une traction sur la chaine et chacun sait que l’afflux de sang lors de leur retrait provoque une vive décharge.

« Vois-tu jeune Catin, j’ai apprécié ton courage face au feu de la cravache, maintenant je vais te proposer de lutter contre une douleur parfois diffuse, parfois aiguë pendant que j’apprends les bonnes manières. Et pour que je sois certain que tu écoutes attentivement, je vais te bander les yeux et te bâillonner la bouche. Il te suffira d’incliner la tête pour acquiescer. Tu restes libre de tes mouvements, pour l’instant. ».

Je vis bien son léger mouvement de panique à l’idée de perdre ses repères, mais très vite elle se reprit : « Oui Monsieur »

Un masque sur les yeux, un bâillon-boule lui forçant légèrement les lèvres, la voici prête à se replier sur elle-même alors que  je vais  lui demander de se concentrer sur mes ordres.

Je laisse passer quelques minutes avant d’exercer une légère traction sur la chainette. « Écoute-moi bien jeune Catin, si tu acceptes de devenir ma soumise, tu dois retenir que je suis attaché à un certain rituel. Poser un cadre est indispensable avant tout séance. Tu vas devoir mémoriser trois positions pour te  présenter à moi.

Tout se fera en silence, seul un ou plusieurs coups retentiront quand je claquerai dans mes mains :

Un coup, et  tu te tiens debout, le  buste droit, les mains derrière le dos, la poitrine offerte et les jambes écartées.

Deux claquements, tu vas t’asseoir, toujours le  buste droit, les  jambes écartées, les mains à plat sur les cuisses, la tête et les  yeux baissés.

Trois claquements, tu te prosternes, les bras en avant, tes seins lourds frottant par terre, le cul relevé, les reins creusés.

L’une de ces postures vérifiées – ou les trois – je te  poserai ton collier et le vouvoiement sera de rigueur.

Au travail, jeune Catin, je vais vérifier que tu as bien écouté. »

O.

Mon visage entre ses doigts, je comprends avec une précision extrême la portée de chaque mot qu’il prononce et imprime dans mon esprit. J’en perçois le sens le plus pur, et il n’a pas besoin de ma réponse pour le savoir. Je n’appréhende pas autant ce qu’il va me proposer que la cravache, mais c’est une concentration différente. Je sais que je dois m’appliquer. Je reprends mes réflexes de bonne élève studieuse, toute entière tendue vers lui et ses attentes. Ma seule préoccupation est d’être à la hauteur de ces exigences à venir, de me plier à cette volonté qui me dépasse.

L’idée de perdre d’un seul coup le sens de la vue et la possibilité de parler m’arrache un frémissement mais je le laisse me préparer à sa convenance. Le bandeau est légèrement perturbant, mais la boule qui obstrue ma bouche l’est encore plus. Je ne peux déglutir convenablement. Je me demande quelle image mon visage peut renvoyer, avant de laisser ces considérations de côté lorsque ma tolérance à la douleur est à nouveau mise à l’épreuve. Ce bref éclair qui m’arrache une exclamation trouble mon cerveau. Je n’ai pas pu le voir venir. Je saisis la portée de ce simple bandeau, qui rend ses gestes imprévisibles et mon corps vulnérable. Je dois obéir, ne pas me laisser déconcentrer.

La perspective de ce rituel, incontestable et qui nous lie, pour mériter un collier et le début réel de la séance m’enchante et m’incite à hocher la tête pour confirmer. Je brûle d’impatience.

Immédiatement, deux claquements des mains  résonnent  dans la pièce.

Je dois rester à genoux, c’est un début qui m’empêche d’avoir à trop bouger avec les contraintes physiques nouvelles qui sont les miennes. Les fesses sur les talons, les cuisses écartées les seins en avant, j’incline légèrement la tête et je positionne mes mains.

Un claquement. Je me relève plus difficilement, sans pouvoir contrôler la salive qui se met à couler à cause du mouvement. Elle atteint mon menton et je me sens rougir de honte. Ne pas pouvoir contempler son regard, en cet instant précis, est à la fois un soulagement et une frustration. Mais j’accepte. Je me présente à lui, pleine et entière.

Trois lents claquements.  J’obéis, et coule à nouveau en penchant la tête en avant pour m’agenouiller, doucement, tâtonnant. Je me penche en avant me cambrant au maximum, offrant mes reins et l’arrondi de mes fesses. Je tends les bras par terre, consciente de me prosterner, presque, face à cet homme qui ne laisse pas de place au doute. Il me reçoit, dévouée.

Et à nouveau, l’attente. La chaîne entre mes seins a heurté doucement le parquet et je sens leur rondeur peser. Ma respiration est plus saccadée qu’à l’habitude, plus difficile, avec cette bouche qui m’échappe. Je sais qu’il regarde, attentivement. Je sais qu’il a analysé chaque geste, apprécié et corrigé. J’attends. J’apprends ma leçon et je me laisse guider.

Enfin, j’entends son pas. D’un geste de sa main pour relever mon menton, je me redresse légèrement. Encore quelques secondes, et la tension qui se poursuit du bout de ses doigts jusqu’au creux de mon ventre. Et la douleur, soudaine, une nouvelle fois, à la pointe de mes seins. Elle est étouffée entre mes lèvres qui transforment mon cri en gémissement, et accentue le mince filament qui coule de ma bouche. Je ne peux pas me préparer et c’est plus dur. Il recommence, maintient la position tirée et ma tête bascule en arrière.

Il me laisse haletante, et enfin j’entends ses mots.

“C’est bien, Jeune Catin. Garde bien ces trois positions à l’esprit. Je veux que tu apprennes à les exécuter sans une hésitation. Et maintenant, présente-moi ton cou.”

Je me replace à genoux, et présente ma nuque. Le frôlement sur ma peau me fait frémir. Enfin. Le symbole le plus évident de la soumission, plus complexe qu’il n’y paraît. Il m’enserre à la perfection, je me sens bien. Je suis fière, et seul le bâillon empêche mes lèvres de dessiner un sourire. Enfin. Je suis à ma place. Sa main caresse ma joue et sa voix se fait souffle.

“Vous êtes prête. Vous êtes mienne”.

Partie 2 – “La liberté, c’est la faculté de choisir ses contraintes” (A quatre mains)

O.

Je n’aurais su dire exactement de quoi il tirait son autorité. Moi qui avais toujours été un brin rebelle avec un goût prononcé pour les désobéissances volontaires, je m’étais retrouvée sans voix à l’instant même où il avait édicté son premier ordre. Sans mot dire, en rougissant, j’avais écarté les cuisses pour lui. Je ne pouvais faire autrement qu’obéir et jouer. Son regard, sa posture, son esprit, ses intonations, tout participait à cette douce sensation de n’être qu’un joli jouet entre ses mains.

Et visiblement, il n’avait pas l’intention de se contenter d’une inspection en profondeur. Il voulait m’éprouver. Physiquement, cette fois. J’avais pu observer la cravache sur le côté, en une mise en scène parfaitement choisie qui me maintenait dans l’expectative et créait une tension aussi délicieuse qu’excitante. J’attendais le moment où le cuir mordrait ma chair.

Lorsqu’il me fit cesser de jouer avec mes deux trous que j’offrais sans pudeur à sa vue, je ne pus m’empêcher de laisser échapper un grondement de frustration. Je savais, pourtant, qu’il ne me laisserait pas jouir si facilement. Haletante, je me redressai selon son exigence. Les coups n’avaient pas été réellement douloureux mais ils m’avaient rappelé ma place. L’apprentissage, cela me parlait. Plus que jamais, j’étais avide de toutes sortes de connaissances, des plus spirituelles aux plus concrètes.

Je voulais tout savoir, de l’intensité de ce lien au temps précis que chaque marque demeurerait sur mon corps. Et lorsque je compris il allait commencer à frapper, un frisson parcourut mon échine. L’idée même de la douleur provoquait en moi une excitation sourde mêlée à la crainte de ne pas pouvoir la gérer. Je voulais être fière. Je voulais encaisser.

Le premier coup tomba. Plus fort que je l’aurais imaginé. Ma bouche s’ouvrit pour dévoiler un soupir. Ils ne firent que s’intensifier jusqu’à se muer en gémissements non-retenus à mesure que ma peau rougissait et qu’il accentuait sa façon de frapper. J’appréhendais les moments où il enchaînait plusieurs coups au même endroit, et je sentis rapidement venir le moment où la douleur vraie prend le dessus.

Ce moment où le corps cherche à se dérober, où cela fait mal. Ce cap à franchir après lequel le cerveau devient saturé d’éclats de douleur et de plaisir. Par moments, seules des plaintes sonores m’échappaient et la brûlure sur mon cul me faisait cambrer les reins.

Je perdais l’équilibre. Je reprenais à chaque fois la position. Les mains dans le dos, les jambes écartées. Dans mon esprit, je m’accrochais à l’idée de ne pas le décevoir et à la fierté que je tirerais en observant le lendemain mes rougeurs. Mais je souffrais et brûlais. Mes gémissements se firent suppliques, balbutiements, alors que je serrais les poings dans mon dos. Jusqu’où voulait-il m’emmener ?

 

F.

Elle m’avait avoué aimer la morsure du cuir, gardant  en mémoire ce moment intense  quand le feu qui embrase son corps s’empare de son esprit et la transperce de  plaisir.  C’était dans ce monde connu d’elle seule que  je voulais l’emmener mais j’ignorais tout d’elle et de ses réactions.

C’est pourquoi j’avais été attentif au cadre dans lequel elle  allait évoluer. En lui permettant de voir la cravache que je comptais utiliser, je savais que je lui donnais la capacité d’anticiper sur le type d’épreuve qui l’attendait sans pour autant en connaitre la durée ni l’intensité. Tout en la rassurant, je restais maître du jeu.

Et une nouvelle fois, cette jeune Catin me surprend par sa volonté de supporter les claquements répétés qui, à force,  brûlent son épiderme et strient son cerveau. Je pensais, en guise de test,  m’en tenir un nombre restreint de coups  et j’en suis déjà à plus de  30 frappes. Je poursuis l’épreuve et je  la vois, haletante, reprendre d’elle-même à chaque fois la position  demandée puis commencer progressivement à perdre pied. Ses propos deviennent inintelligibles.

Il est temps d’arrêter. Je me rapproche d’elle, prêt à la ceinturer, la  dernière frappe lancée violemment la projette en avant, j’ai juste le temps de la retenir et de lui intimer de se taire. Elle tremble de tous ses membres. Je vais devoir la ménager, pour la première fois je la prends dans mes bras. Ce geste de tendresse  qu’elle n’attendait pas ou plus la fait éclater en sanglots. Je l’allonge à mes côtés sur le lit. La jeune femme joueuse est devenue un petit être meurtri qui se blottit contre moi.

 

O.

J’ai le cerveau saturé de douleur. J’ai besoin de toute ma concentration pour l’accueillir et l’apprivoiser. Je ne sais pas encore très bien faire. J’ai mal, je brûle. Il ne dit rien, je dois lui faire confiance mais j’ai l’impression que les coups ne s’arrêteront jamais et il devient à chaque fois plus difficile de me redresser. Je me perds au milieu de ces sensations inconnues et je crie, à pleine voix. Un dernier coup puissant me fait basculer puis m’effondrer dans ses bras. Je ne dois pas parler, et il ne reste plus que mes larmes. Elles roulent doucement, d’abord, mais je ne peux les contenir. Je lâche tout, je m’abandonne à lui. J’explose en sanglots longs et enfouis mon visage contre lui. Je suis nue dans ses bras. Vulnérable. Epuisée.

Il me faut de longues minutes pour me calmer et retrouver mes esprits. Je n’aurais jamais cru pouvoir basculer ainsi, et vivre aussi intensément cette expérience. A ses côtés sur le lit, je ne cesse de m’accrocher à lui, fort, sans oser encore relever la tête et lui faire voir mes yeux rougis. Après de longues respirations, un timide « Merci » s’échappe de mes lèvres. J’ai mal à la gorge d’avoir crié, et je ne trouve pas d’autre mot à prononcer après le cadeau qu’il vient de me faire. Je suis vivante et forte sous sa poigne brutale, et je sais que je ne désire rien d’autre désormais. Je suis sûre. J’en veux plus. Des flots d’hormones circulent encore dans mes veines, un sourire léger flotte sur mes lèvres. Je suis bien. J’aime le contraste de ses vêtements élégants et de ma nudité moite. Une première demande, mêlée de crainte et de respect teinté de curiosité. Je ne devrais pas mais je ne peux m’en empêcher.

« Monsieur. Pourrais-je vous voir nu ? »

Après l’intensité qui m’a fait sentir si puissamment mon propre corps, je suis avide du sien. J’aimerais le voir et effleurer sa peau. Il ne répond rien mais me fait lever du lit, délicatement. J’aime sa façon de surveiller que tout aille bien, et son regard sur moi. Il me fait mettre à genoux, cuisses écartées et mains dans le dos. Je ne suis pas sûre que j’aurais été capable de rester debout, mais je sais qu’une nouvelle épreuve m’attend. Il ne va pas m’épargner. Mes cuisses sont encore souillées de ses premières consignes. Face à moi, il retire uniquement sa chemise. Je n’en espérais d’ailleurs pas tant, il domine toujours le jeu. Mes fesses brûlent et je résiste à la tentation de me contorsionner pour observer leur couleur alors que je me sens à nouveau plus sereine.

Ainsi, lorsqu’il se présente avec un nouvel instrument capable de me faire à nouveau goûter à la douleur, je prends une grande inspiration et mon regard se fixe dans le sien pour lui montrer que je suis prête. J’y lis son plaisir sombre. Deux pinces reliées par une chaîne. Je connais le principe sans me rendre compte de l’intensité des sensations qu’elles peuvent offrir. Il se baisse, fixe chaque pince à la pointe écarlate de mes seins et se redresse alors que j’entrouvre les lèvres en un souffle douloureux. A genoux, je me sens encore plus petite et plus fragile. La brûlure est différente mais intense. Je ploie légèrement en avant.

« Tu devrais plutôt craindre le moment où je les enlèverai. »

Il se délecte de ma douleur et, bien que silencieuse, je me demande quand il sera question de plaisir pur. Du sien. Le regard levé vers lui, je suis brutalement submergée par l’envie de le lui offrir.

Bois & Chair

IMG_0824.JPGC’est un sentiment particulier que celui d’avoir la conscience d’être vue. Et non pas seulement vue, mais regardée. Observée. Cet acte revêt une signification importante.
J’ai aimé faire cette photographie. Simple, mais douce.

J’aime la douceur du bois. Je connais par cœur les courbes de ce violon, ses aspérités, ses défauts, ses marques. Je connais son histoire. Je l’ai tenu dans mes bras à six ans avec précautions, sans me douter que serais presque assez grande un jour pour pouvoir jouer avec. Il a été affiné pour ma main gauche trop petite. J’ai grandi avec. J’ai rencontré de belles personnes grâce à lui. J’ai pleuré dessus.

Il y a lui, et moi. Nos courbes. Nos sons offerts ?

De l’origine.

J’ai ce souvenir trouble de nuits intenses et honteuses. Je suis jeune, alors. Je n’ai pas quitté les bancs de l’école primaire. Le creux de mon ventre brûle, fort, et je sais déjà comment le soulager. Le soir venu, je me retrouve aux prises avec mes pensées noires. J’ai essayé de faire autrement. Gentiment, même. Mais mon corps ne veut pas. Il ne répond qu’aux mots sales qui envahissent mon esprit, aux scènes sombres, violentes, aux exhibitions forcées. Je peux discipliner mon corps, par moments, mais jamais mon esprit. Je sais que c’est mal, mais je ne peux lutter contre ce besoin impérieux.

Je me suis renseignée, sur un livre acheté par ma mère, qui évoque tous les tracas des jeunes filles. Cela parle de masturbation. Je me souviens de quelques mots sur le sujet, quelque chose du genre : « Si vous le faites trop souvent, parlez-en avec votre médecin. » Je n’aime pas cette approximation. Qu’est-ce que c’est, trop ? Et pourquoi aller voir un médecin ? Ils ne disent pas. Je me mets à penser que c’est peut-être mauvais pour le corps, dangereux.

Néanmoins, je continue. Et le soir, ces gestes d’habitude. Je m’absente parfois même en journée, sous prétexte de me sentir mal et retrouve mon lit. Toujours pareil. Je mets en boule une petite culotte et la glisse sous moi. Ou une peluche. Je laisser aller mon esprit aux envies noires. Je passe mes deux mains dans mon dos et les tiens fort. Je me frotte et cache mes soupirs jusqu’à l’extase.

Je retrouve mes esprits. Et à chaque fois, après ma jolie jouissance, je dois aller aux toilettes. C’est mon moment de honte. J’ai envie, mais l’urine ne coule pas. C’est sans doute à cause de moi. A cause de me frotter, je m’abîme et je ne peux plus. Je reste longtemps, assise, à attendre. Je cogite. Je me promets de ne plus jamais recommencer. Et quand l’urine coule, la boule dans mon ventre s’apaise un peu, je peux dormir. La honte demeure.