La vérité sur le plaisir.

Il est très facile d’avoir l’air d’une femme qui s’assume et qui n’a aucune limite ni avec son corps ni avec son esprit. Oui, parce que je ne dis jamais non à une sodomie, que j’avale, que je peux recevoir le sperme n’importe où sans aucun problème, que je n’ai aucun mal avec le corps de l’autre et avec ses désirs. Alors ça me donne l’air d’une femme libérée et à l’aise, puisque je dis oui même le premier soir et que je peux faire tout ça avec n’importe quelle personne que je désire sans nécessité d’une intimité profonde. Je peux être frappée, enserrée, attachée, ça c’est bon. La queue d’un homme peut se glisser n’importe où en moi, tout va bien.
En revanche, je suis mal à l’aise et je bloque dès qu’on touche, vraiment, avec les doigts ou la langue, mon corps. Je me crispe, ce n’est jamais comme il faut, trop fort et de toute façon intrusif et déplaisant. Le sexe d’un homme, ce n’est pas pareil.

En réalité, il s’est écoulé plusieurs années avant qu’un homme me touche, vraiment, à cet endroit-là. Puisque je n’avais besoin que d’une queue au fond de moi pour jouir, le reste n’avait pas trop d’intérêt. Moi-même je ne me suis jamais touchée avec mes propres mains pour m’amener seule à l’orgasme. Et ensuite, peut-être, comme ça ne marchait plus, j’ai été trop touchée et ça ne fonctionnait jamais. Je crois que je suis fatiguée de ne pas réussir à faire plier ce corps, fatiguée que ça ne marche pas. Alors juste une queue, pas de jouissance à espérer, ça c’est plus simple. Ou alors, moi, seule, le plaisir mécanique et parfaitement calculé que je sais comment obtenir, qui soulage mais sans surprise.

Dans le fond, je rêve que quelqu’un vienne et me dise « Regarde, c’est là, c’est comme ça, laisse-moi faire, je sais comment » et que tout se débloque et que je puisse enfin lâcher tout ce que je garde, ce qui monte au moment du plaisir à deux mais n’explose jamais.

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