Voyage à moto

Il tient ses cheveux auburn pendant qu’elle ondule sur le cuir noir de la moto rutilante. C’est son spectacle préféré qu’elle lui offre, avec l’indécence à peine vulgaire d’une tenue entrouverte. C’est pourtant la première fois. La jambe droite est nue, la gauche a gardé le pantalon qui tombe doucement sur sa cuisse sombre, tendue par le plaisir.

Il se tient debout, juste à côté, en gardien. Il pourrait regarder les mouvements de son cul ou guetter les lèvres écartées de sa chatte mais son oeil dévore cette cuisse qui bouge à peine et dénonce pourtant la volupté qui la traverse. Sa veste est toujours en place, elle a seulement sorti ses deux seins aux auréoles sombres et larges.

Elle a les mains posées devant elle, entre ses cuisses ouvertes. Par moments, ses doigts s’enfoncent dans le siège. Lui joue encore avec sa chevelure noire bouclée, effleure aussi sa nuque. Il est serré. Elle est belle. Il ne sait toujours pas pourquoi elle lui a offert ce moment alors que son intérêt est ailleurs. C’est une femme heureuse qui aime son époux, qui a toujours refusé autre chose que leur vie simple et à deux.

Pourtant, un soir, elle est venue vers lui. Elle lui a demandé de monter derrière elle, lui a tendu son casque et lui a dit de se laisser guider, presque un ordre. Il n’a pas su refuser ni poser davantage de questions. Il s’est senti un peu ridicule, avec son polo blanc chic et son jean rosé face à cette femme en cuir, si sûre d’elle qu’elle n’a pas douté une seule seconde qu’il accepterait. Il l’a lu ainsi dans ses yeux. Sa détermination est absolue et urgente. Elle a besoin de lui montrer maintenant ce qu’est le plaisir, l’envie. Il la regarde. Il n’a pas le droit de toucher ni ses seins ni la chaleur moite entre ses cuisses alors qu’il aperçoit ses poils noirs qui luisent de mouille contre le siège. Il n’y a personne dans ce parking souterrain. La tentation est grande de demander plus. Pourtant, il ne va pas risquer de briser cet instant surnaturel, qui voit son regard sombre partir loin, presque sans lui.

Elle gronde et feule et ces sons fauves partent en écho contre les murs sales et vides. Il est face à elle désormais, pour déchiffrer son visage doucement tordu par la jouissance. Ses yeux restent ouverts, sa bouche forme un “O” parfait. Quand elle part, il ne reste plus de temps ni pour un baiser ni pour une caresse. Seulement une culotte rouge tombée dans une flaque à l’emplacement de la moto, qu’il ne l’a pas vu enlever.

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