Petite conne

Je suis cette petite conne qui te sourit sans cesse, qui provoque les pires ennuis juste pour le plaisir d’en avoir plus et d’arriver au moment où tu décides d’effacer ce sourire puisque tu le veux, puisque tu l’aimes mais qu’il est cette provocation terrible et un doux affront. Parce qu’il se trouve qu’en plus de tout cela, j’ai le défaut terrible d’être ta petite conne.

C’est un jeu auquel je ne joue presque pas. Regarde dans mes yeux, tu le vois. Quand je les baisse, quand ils brillent, quand ils reflètent la crainte du coup, ce n’est pas pour de faux. Ce n’est pas pour te faire plaisir. Je méprise l’ego des hommes, l’ego des maîtres et de tous les autres, de tous ceux auxquels il faut faire plaisir et qui aiment croire qu’ils ont le pouvoir. Ceux qui veulent une jolie fille blonde vêtue de noir prête à offrir ses lèvres rouges et ses cuisses aux bas fins.

Si je me soumets, ce n’est pas ma servilité que j’offre, c’est un cadeau précieux que je dépose à tes pieds avec ma joie vraie et ma tendresse volage. Si j’ai parfois envie de tirer la langue alors que tu serres doucement ma gorge, c’est pour que tu sois fier de notre liberté et de nos dons. C’est pour que tu savoures encore davantage les moments de mon absolue obéissance, qui ne sera jamais feinte ni motivée par autre chose que le plaisir que nous en tirons ensemble.

Il y a dans le désir d’appartenance un jeu qui n’en est pas tout à fait un. Nous sommes trop intelligents pour en être dupes. Ou alors c’est un jeu très sérieux, parce que je suis sérieuse quand je dis que je m’offre et que je confesse mes envies brutes et folles que je ne sais pas encore gérer autrement que par mes caprices et mon ivresse de liberté. Je suis cette femme sérieuse et responsable, qui a mûrement réfléchi chaque choix et chaque mot. Et pourtant, je suis aussi cette fille aux airs trop enfantins qui n’a que ces mots à la bouche, « je veux ».

Je veux toi, et lui, et elle, et eux. J’en ai l’eau à la bouche, de ça. Et aussi, ce truc, là, fais-le moi. Montre. Encore. J’en ai envie. Oui, ça aussi. Plus. J’ai le droit de dire non ? Pour quoi faire ? Je sais. Je veux dire oui. Mes cheveux ? Oui. Mes seins ? Oui. Mon cul ? Oui. Mes lèvres ? Oui.

Je veux que tu me regardes, oui avec cet air-là que j’aime. Celui-ci aussi. Je veux que tu me demandes des choses, que tu exiges, parce que j’aime dire oui, toujours. Je veux tes mains, ta bouche, ton sexe, tes mots rudes et doux. Je veux tout, dehors, sur le palier de la porte avant ton appartement, dedans. Je veux que tu me fasses perdre la tête, je veux avoir mal, rire et pleurer dans la même minute. Dis-moi, je suis capricieuse ? Salope ? Esclave de mes désirs ? Lucide ? Libre ? Dis-moi que tu t’en fous, dis-moi encore tu es à moi petite conne.

Advertisements

3 thoughts on “Petite conne”

  1. “Si je me soumets, ce n’est pas ma servilité que j’offre, c’est un cadeau précieux que je dépose à tes pieds avec ma joie vraie et ma tendresse volage. Si j’ai parfois envie de tirer la langue alors que tu serres doucement ma gorge, c’est pour que tu sois fier de notre liberté et de nos dons. C’est pour que tu savoures encore davantage les moments de mon absolue obéissance, qui ne sera jamais feinte ni motivée par autre chose que le plaisir que nous en tirons ensemble.”
    C’est absolument sublime, tendre et impertinent. Bravo d’avoir trouvé les mots pour le dire avec autant de justesse.
    J’en profite pour remercier Maître Roger de m’avoir fait découvrir votre compte =)

    Like

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

w

Connecting to %s