De l’art du surnom affectueux

Nous sommes passés maître et maîtresse il y a peu dans l’art des surnoms affectueux, de ceux qui gonflent l’âme à chaque mot susurré au creux des draps. Tous les adjectifs y passent, du matin jusqu’au soir, et nous mettons du cœur à l’ouvrage lorsqu’il s’agit de trouver de nouvelles douceurs à se murmurer au milieu des tourments du désir.

Nous sommes chers, tendres, beaux, doux, aimés, nous nous complimentons sur tous les tons. C’est un petit plaisir comme il en existe d’autres, il est un peu secret et cela lui fait garder son charme.

Mais quand le plaisir vous saisit, il n’est plus question de tout cela, et la quête du surnom affectueux reprend. Quel sera votre préféré cette nuit quand vous vous enfoncerez trop profondément dans ma gorge pour vous y déverser ? Putain ? Vous pouvez le répéter encore, c’est une prière que j’aime à l’infini. Et au réveil, quand vous m’aurez mise à quatre pattes dans les draps pour me dilater longuement ? Salope ? Ma litanie préférée. Je n’en rougis plus, et vous le savez.

Je souris seulement, nous connaissons tous les deux le poids des mots et leur vérité. Nous connaissons aussi chacun notre respect et notre valeur. Si vous pouvez me surnommer ainsi, c’est parce que je n’ai jamais eu la tête aussi haute, le port aussi altier et le regard aussi fier. Dès la première minute, vous avez aimé cela chez moi, je le sais. J’ai eu ce besoin immédiat de vous montrer à quel point j’avais confiance, comme tout était clair et comme j’étais solide… Il fallait bien que je sois forte, pour que vous puissiez m’abaisser là où le vouliez. Alors il n’y a eu aucun doute. Ou peut-être un seul, au fur et à mesure, celui du jeu…

Oh, mon tendre amant, c’est un jeu bien dangereux auquel nous jouons quand je déchiffre sur votre visage la dureté la plus sérieuse du monde à l’instant de l’humiliation inattendue. Bien sûr, j’ai mon Joker en poche, mais si je devais l’utiliser le mal serait déjà fait n’est-ce pas ? Il nous faut déjà davantage, et les risques augmentent. Vous avez peur de mes réactions, mais je vous tente.

Un mot vous échappe, « chienne ». Ce n’est plus vraiment humiliant, la chienne a pris ses marques de noblesse dans la fidélité et la dégradation choisie. Vous souriez, je suis allongée doucement contre vous et mes mains vous caressent distraitement pendant que nous parlons. La chienne se fait traîner à quatre pattes parfois, c’est vrai, mais l’animal ne déshonore pas entièrement la femme. Elle est humaine de compagnie, chérie et choyée. Non, cela ne vous intéresse pas.

Vous saisissez mes cheveux, vos yeux dans les miens et je halète déjà, dans l’anticipation de votre vulgarité qui me brûle pourtant si fort à l’instant où elle s’abat. Vous me désignez votre queue du regard. « Branle, truie ». Vous maîtrisez à la perfection l’art du surnom affectueux, et moi je m’exécute sans pouvoir prononcer un mot de réponse.

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Encordez-moi

Je suis certain que vous pensez comme moi. Notre petite rousse a du caractère, elle a beau se prétendre une soumise dans l’âme, cela ne l’empêche d’avoir de la suite des idées et de le faire savoir sur twitter ou ailleurs.

Cela faisait déjà plusieurs semaines qu’elle avait exprimé le désir d’être encordée.  Elle avait même choisi comme fond d’écran sur l’ordinateur commun la photographie d’une jeune femme enserrée dans des cordes de couleurs et suspendue en l’air. Je lui avais fait remarquer que ces parents venaient le week-end suivant et qu’il serait préférable de choisir un sujet plus neutre si l’on devait, en leur compagnie, rechercher des horaires ou consulter des sites marchands. Faute de mieux elle se contenta d’une photographie prise dans un port de pêche où trônait au premier plan un ensemble de cordes. Comprenne qui pourra  ! , me dit-elle de son sourire charmeur.

Olyse dut donc attendre quinze jours avant de connaitre sa première séance. Plus la date fatidique avançait, plus elle était excitée comme un boisseau de puces. Elle voulait tout savoir : quelles cordes j’allais utiliser, dans quelle position elle serait entravée, combien de temps allait durer la session, quelle tenue adopter…. Mes  réponses  étaient suffisamment précises pour la rassurer mais elles restaient incomplètes,  je souhaitais garder la  part de mystère qui convenait pour une initiation.

Je lui ai proposé de revêtir une robe légère à bretelles, ce qui lui permettrait, lui dis-je, de mettre en valeur ses belles épaules et sa peau laiteuse et je m’empressais d’ajouter qu’il était inutile de choisir une robe de prix car elle serait vite froissée.

Le jour dit, je dégage la pièce principale, Une fois le canapé replié et la table repoussée contre le mur, il ne reste que le tapis sur lequel est  disposé un jeu de cordes. Olyse, pieds nus, revêtue d’une  robe à fleurs jaunes et blanches, s’était agenouillée dans un coin, semblant se recueillir. Je la sais tendue, aussi me penchant vers elle, je lui  demande si elle se sent prête. Sa voix manque de fermeté mais son oui est net.

Alors lève-toi, lui-dis-je et viens  au centre du tapis. Croise les bras dans le dos et laisse-toi faire.

Deux tours autour des bras  avec la corde,  un premier nœud, la séance est lancée avec cette alternance de cordes en tension et d’attaches soigneusement testées. Olyse, toujours debout se retrouve le torse enserré, par quatre fois la corde est venue dessiner un  corset rouge vif, faisant jaillir ses seins.  Je ne sais pas ce que vous ressentez quand vous jouez avec les cordes, mais moi j’ai le sentiment de faire œuvre de création. Je recherche une forme d’esthétisme comme si je réalisais une figure d’ikébana, cet arrangement floral japonais.  Ce jour-là, Olyse est mon chef d’œuvre que j’ai cœur à réussir.

Mais iI est  temps de faire une première pause.. Que voulez-vous, l’esthète n’est fait que de bois !  J’embrasse goulûment Olyse, puis me plaçant dans son dos pour qu’elle se sente contre elle mon sexe gonflé, je caresse ses seins rebondis puis son sexe en jouant du frottement de sa culotte sur sa vulve. Olyse, les yeux fermés, gémit de plaisir au fur et à mesure que sa culotte s’humidifie. Au moment où je sens qu’elle ne va plus pouvoir tenir sur ses jambes, je l’invite à s’agenouiller. Revenu devant elle, mes doigts glissés dans son sexe, je l’accompagne dans la montée de son  orgasme, ma bouche sur ses lèvres en guise de bâillon. Puis lui laissant à peine le temps de se remettre de ses émotions,  j’impose à ma douce prisonnière une fellation. Ne dit-on pas que « plaisir non partagé n’est plaisir qu’à moitié » ?

Repu, je passe à la deuxième étape : immobilier complètement Olyse. Je l’invite à se mettre sur le ventre, les pieds relevés. Je peux alors lui attacher les chevilles à double tour et tendre la corde en la fixant aux brins qui enserrent ses bras. Le corps d’Olyse prend alors la forme d’une arche inversée.

Tu es belle ainsi, dis-je en prenant des photos avec son smartphone et j’ajoute : Tiens, cette photo je vais la mettre en fond d’écran.

Ah non ! s’écrie Olyse.

Pas de discussion, je ne veux pas t’entendre.

Et pour faire bonne mesure, je lui impose le port d’un bâillon-boule.

Ne bouges plus, tu es magnifique ! Encore une photo et ce sera parfait !

Tu pourrais quand même sourire Olyse…

Fin – “La liberté, c’est la faculté de choisir ses contraintes” (A quatre mains)

F

Quel spectacle, cette jeune Catin, le cul rougi, l’anus dilaté et frémissant, le sexe dégoulinant de cyprine. Il me faut immortaliser la scène. Je fouille dans les affaires de la donzelle à la recherche de son téléphone. Le voici et évidemment, il faut un code pour le déverrouiller. Je lui enlève son bâillon-boule le temps qu’elle énonce le sésame.

– Jeune catin, je veux que vous conserviez un souvenir de cette séance. Vous pourrez ainsi vous caresser en regardant les images, comme la jeune fille pas très sage que vous êtes.

Le code appliqué, je peux user du téléphone comme bon me semble. Je prends les premières photos de ce cul royal impérial offert potentiellement aux voyeurs de la terre entière.

– Cela manque de couleurs, dis-je en regardant les premiers clichés. Quatre coups de cravache cinglent sur ses fesses déjà meurtries provoquant de sa part des rugissements étouffés par le bâillon.

– Là, parfait, reprenez la position jeune Catin ! Les stries rouges sur sa peau barrent horizontalement le nouveau jeu de photos.

– Demain, jeune Catin, vous serez fière de voir mon empreinte sur votre corps, vous regarderez avec regret ces marques changer de couleur avant de disparaître. Pensez à mettre quelque pommade adoucissante sinon vous ne tiendrez pas en place si vous devez rester assise longtemps.

Je m’enfonce de nouveau en elle, j’huile mon sexe de sa cyprine abondante pour mieux l’enculer. J’aime m’enfoncer dans ce puits sans fond et étroit. La jeune Catin vibre à chaque poussée. Je m’empare de ses cheveux pour en faire comme une longe et domestiquer cet animal sauvage. En une poussée tellurique, je me décharge en elle, la jeune Catin semble foudroyée, sa peau perlée de sueur est parcourue de frissons. La lente remontée à la vie s’opère alors que je reste accouplé à elle, chacun reprenant son souffle. Je me retire alors qu’elle a retrouvé son calme. Il est temps de lui retirer son bâillon et de la libérer de ses liens. Je m’allonge à ses côtés et je l’embrasse langoureusement comme deux amants heureux et apaisés.

Jeune fille

Que croyez-vous faire ici, jeune fille ?

Le ton est sec, presque cassant. Il suinte de cette suffisance des femmes plus âgées au visage pourtant plus doux et à l’esprit plus libre.

La jeune fille relève la tête. Bien élevée. On ne parle pas la bouche pleine, mon enfant. Les doigts de sa main droite s’extraient délicatement des chairs frémissantes. La main gauche délaisse des bourses pleines.

Regard contre regard, elle suce un à un ses doigts. Elle a les manières d’un félin, pris en faute mais jamais coupable. Elle est vexée. Une jeune fille, elle… Elle qui se prend pour une femme et pèche par orgueil.

Oh. C’est qu’il est à vous, Madame ?

Visiblement oui. Elle reconnaît la jalousie, les muscles de ses cuisses brunes tendus, la poitrine pointée vers l’avant, les lèvres pincées, le regard assassin sous une mèche de longs cheveux blonds. Mais comment jalouser son propre corps de jeune fille, encore gauche et rond, maladroitement exposé par des dessous rouges trop vulgaires ? Femme contre jeune fille, la comparaison ne saurait être soutenue. Elle n’a pour elle que l’insolence de sa jeunesse et la fermeté de ses seins. Face à l’autre et malgré ses manières désinvoltes, elle s’empourpre et cherche à se dissimuler.

Une main masculine l’attrape et la révèle. Voilà des lèvres collées contre sa nuque puis qui chuchotent à son oreille.

On dirait qu’il va falloir te faire pardonner, jeune fille.

Le ton est aussi sec. L’effet des termes employés est radicalement différent. Elle grogne de l’entendre la taquiner à son tour et du désir simple et brut que ce dénominatif provoque entre ses lèvres encore entrouvertes et bruyantes du plaisir. Il n’a pas l’air offusqué, il s’amuse de ce tête-à-tête qui se joue sous ses yeux et arbitre.

Et en effet, lentement, il lui faut amadouer l’esprit féminin qui livre son corps avec rancune. En contraste avec sa propre chevelure trop courte, elle perd ses mains dans la blondeur douce qui la fascine. Sous ses doigts, l’incarnation d’une féminité aussi enviée que haïe qui cache ou révèle une nuque au parfum délicat.

A nouveau, les mains masculines la guident dans sa découverte. Elle goûte petit à petit au mystère et travaille à se faire pardonner. Elle est une jeune fille assidue qui s’ouvre au plaisir féminin dans ses recoins les plus mystérieux. De la pointe de la langue puis à pleine bouche, elle se perd avec délices. Bientôt, les mains l’abandonnent et s’éclipsent. Il ne reste plus que la femme sous son regard émerveillé qui esquisse un sourire bienveillant, d’un rouge magique.

Elles se racontent, entre filles, entre femmes.

Elles réconcilient leurs corps, entre femmes, entre filles.

Partie 4 – “La liberté, c’est la faculté de choisir ses contraintes” (A quatre mains)

F

En prononçant ses mots, je mesure son émoi à la couleur des joues. Je lui retire le masque et me tenant debout devant elle, je lui dis : « Regardez-moi jeune Catin, vous êtes un diamant à peine sorti de sa gangue. Mon devoir est de vous  façonner  afin que vous puissiez briller de toutes vos facettes. Vous avez connu le feu du cuir et vous supportez jusqu’à maintenant  la douleur des fers avec vaillance. »

Je m’empare alors de la chainette qui pend entre ses deux seins et j’exerce une lente traction, tirant ainsi sur sa poitrine. « Restez droite jeune Catin, creusez les reins et tendez cette fière poitrine. Résistez  à ce tiraillement et ne fermez pas les yeux. Je veux que la douleur irradie vos seins et s’empare de votre corps ». Alors que je continue à tendre la chainette pendant de longues minutes, je la vois s’efforcer de garder la position jusqu’au moment où elle abandonne la lutte et chancelle en avant.

« Vous êtes vraiment très courageuse, jeune Catin, lui-dis-je en la relevant, il est temps de vous proposer une pause. Venez-vous asseoir au bord du lit que  je vous retire les pinces ».

La décharge électrique liée au retrait de la première pince la foudroie et, sans le bâillon, tout l’étage l’aurait entendue. J’attends qu’elle se retrouve son calme alors qu’elle a les larmes aux yeux et je recommence la même opération. De nouveau elle se tord de  douleur.

« Vous avez vraiment les seins sensibles jeune Catin, regardez ces magnifiques traces rouges. Imaginez quel effet auront les pinces posées sur vos lèvres intimes. »

Une lueur d’effroi traverse son regard.  « Je vous taquine, jeune Catin ; chaque chose en son temps, je veux pour l’instant vous donner ce que vous êtes venue chercher : les plaisirs d’un abandon sous la contrainte.».

Je lui retire le bâillon-boule  et je lui offre un verre d’eau avant de l’inviter  à s’agenouiller sur le lit, la tête sur l’oreiller, les bras le long du corps.

Une fois la position prise,  je lui précise ce que je vais lui faire : « Ces bracelets de cuir, jeune Catin, sont très pratiques. Ils se posent aux poignets et aux chevilles. Ne bougez  pas, je vais attacher votre  poignet droit à la cheville droite et faire de même de l’autre côté. Ainsi je pourrai abuser de vos deux orifices comme bon me semble, voire vous rappeler que vous avez l’épiderme sensible.

Pour la quiétude des voisins, je vous remets, jeune Catin, le bâillon-boule. Vous ne serez pas obligée de vous mordre les lèvres pour garder le silence. »

O.

Je retrouve doucement la vue, et sa bienveillance me touche autant que sa fermeté. Il est un professeur aussi parfait que j’aurais pu le rêver. Alors que les pinces me brûlent et que mes reins se cambrent pour lui offrir la pointe durcie de mes seins, tout disparaît à l’exception du son de sa voix. Je l’écoute, et je suis hypnotisée par chacun de ses mots. Je tiens la douleur, et sous son contrôle j’ai cette douce sensation d’être belle, forte. Je suis épuisée, mais fière de me dépasser si intensément pour lui.

Il est si calme. Tout en lui contraste avec mon état. Mes soubresauts, mes cris, mon corps qui perle d’envie et de violence par mes larmes, ma bouche et mon sexe bouillonnant. Je m’apaise avec lui en écoutant ses consignes, tandis que mes seins continuent à faire palpiter la douleur en une lente diffusion par vagues dans chaque partie de mon être. Je hoche la tête et tiens la position, la bouche à nouveau contrainte.

Désormais, je ne peux réellement plus bouger. Ni me plaindre. La posture me rappelle à chaque seconde mon corps à sa disposition. Cette fois, je ne rougis pas de cette exposition. Le creux de mon ventre s’enflamme alors que je l’entends défaire son pantalon sans pouvoir le voir. J’ignore depuis combien de temps sa queue est dure, ainsi emprisonnée. Il ne se hâte pas, il est maître du temps. Alors qu’il se rapproche, je gémis déjà et gronde d’impatience à travers le bâillon. Je suis ouverte. Je le sais, je le sens. Il n’aura pas besoin de me ménager, je n’ai jamais été aussi offerte.

D’un coup sec et puissant, il est en moi. Je crie et serre les poings alors que mon sexe s’écarte sous cette intrusion délicieuse. Il tient fermement mes hanches et s’enfonce avant de s’immobiliser. Ma respiration trahit la frustration mais je profite de le sentir tout au fond de moi, pour quelques instants intenses qui gravent le souvenir d’une première fois. Bientôt, mon bassin ondule et je ne peux m’empêcher de bouger pour provoquer le mouvement.

Implacable, il se retire brusquement en accompagnant son geste d’une grande frappe sur mes fesses marquées de rouge, ravivant la douleur. Mes dents se resserrent sur le bâillon et je cesse de bouger. Alors qu’il s’approche à nouveau, sa main caresse mon dos jusqu’à atteindre ma nuque pour la saisir.

« Vous êtes censée avoir appris les bonnes manières, Jeune Catin. Ne bougez plus, il est temps de vous laisser aller… »

La maîtrise dans sa voix est toujours égale, mais je la sens teintée par ce plaisir qui débute et cela suffit à provoquer une émotion supplémentaire. Je me reprends et obéis. Il sait ce qu’il doit faire. Il m’a tant offert en quelques heures…

Sa queue est mouillée de mon désir, et il se présente à nouveau tout contre moi. Cette fois, je le sens remonter légèrement puis prendre possession sans ménagement de ma voie la plus étroite. Je lui offre l’accès avec une facilité qui me déconcerte et tout n’est que plaisir. Je me sens l’enserrer pleinement alors qu’il va entre mes reins, lentement. Et pourtant je crie déjà de me sentir ainsi possédée de la manière que je préfère et de ne pas pouvoir décider du rythme qu’il choisit pour abuser de mon étroitesse.

Je sais qu’il va prendre plaisir à me surprendre, à contrôler chaque geste, chaque mouvement, leur intensité ou leur lenteur volontaire. Il se retire parfois, laissant mes orifices ouverts en une invitation insolente et obscène avant de reprendre l’un ou l’autre, me laissant davantage pantelante, gémissante et tremblante à chaque minute qui passe et augmente mon plaisir de n’être qu’un jouet entre ses mains.

Lettre à un Saint.

Cher vous,

Jeune femme insolente, avez-vous dit. C’est que j’aime jouer, frôler le loup, et risquer à tout moment d’être happée par ses crocs pour tomber à sa merci. Je ne peux refuser cette envie de vous offrir mes mots. Et je ne suis pas une brebis égarée, sachez-le. Mon innocence est parfois uniquement cette façade qui amuse et séduit, quand je le veux bien. Je joue les ingénues, pour le plaisir de ne plus l’être lorsque les masques tombent et que demeure le désir brut.

Il vous faudra être plus fort que moi, pour me transformer à nouveau en proie à dévorer. Pour me faire regretter mon insolence et obtenir ma reddition. Il y a certaines fiertés qui ne se brisent jamais sans lutte. Et sous ces airs bravaches, la volonté du lâcher-prise, sous vos mains et vos cordes.

Je ne contrôle pas toujours les idées fantasmatiques qui s’insinuent dans mon esprit, et une scène refuse de me quitter. Je vous la livre. Elle fait suite à un verre partagé en terrasse. Vous me savez hésitante, vous me torturez. Vous me racontez ce à quoi j’échappe puisque j’ai décidé d’être sage. Avec ce sadisme lent et parfaitement contrôlé alors que vous calculez les effets de chaque mot. Je réplique, je joue les désintéressées. Je provoque. Je voudrais que vous soyez aussi frustré que moi. Je rougis, je me lève pour partir et reviens sur mes pas. Vous avez gagné. Je ne résiste pas à votre danger.

Et dans la semi obscurité d’une chambre d’hôtel, vous enlevez un à un les vêtements qui encombrent. Vous me faites me mettre à genoux sur le lit, cuisses ouvertes et bras en avant. Vous laissez les cordes s’enrouler autour de mes chevilles, puis remontez peu à peu. La toile se tisse jusqu’à mes poignets et mes doigts, en un savant calcul pour que vous puissiez venir glisser entre mes mains un livre ouvert. Dans mon imaginaire, c’est Yves Bonnefoy, les Planches Courbes. De la poésie, belle. Vous me faites lire, pendant que votre torture prend forme. Vous mordez la chair. Promesse tenue. Ma nuque, mes épaules, mes fesses, mes cuisses, vous croquez en savourant ma voix qui ne tient pas en place. Vous infligez à mon dos de longues griffures rouges. Vous pincez, aussi. Vous rendez la moindre parcelle de mon corps brûlante et sensible. Vous me rappelez à l’ordre quand les mots m’échappent, et je devine votre sourire carnassier.

Vous m’aviez prévenue, j’aurais pu y échapper.

Et à présent, il est trop tard, je ne peux plus bouger. Entre les cordes, je suis tombée. Vous intensifiez la douleur. Je me refuse à demander grâce. Longtemps. Et votre langue remplace vos crocs de loup, en un nouveau supplice.

Voici ce que j’imagine, à partir d’un tableau apparu au moment de tomber dans les bras de Morphée. Il m’a semblé important de ne pas contrarier mon inconscient, je le laisse donc dialoguer avec vous, en espérant qu’il soit de bonne compagnie.

Epistolairement vôtre,

Olyse.

 

[Voici la réponse à cette lettre, sur le blog d’Antoine Saint-Michel, pour une étude sur la manière dont les fantasmes se transforment en réalité…

https://antoinesaintmichel.wordpress.com/2017/05/17/chere-olyse/]

Partie 3 – “La liberté, c’est la faculté de choisir ses contraintes” (A quatre mains)

F.

Lui laisser le temps de se calmer était nécessaire si je voulais tester de nouveau sa capacité à affronter la douleur et sa peur. J’ai aimé le moment où d’une voix douce et hésitante elle me demanda que je me présente à elle nu. Mais qu’elle ne se trompe pas, ce n’est pas elle qui décide.

Je la fais mettre à genoux face à moi et lui tenant le visage, je lui dis : «  Comprends-tu jeune Catin que je suis le maitre de ton plaisir ?  Tu accèderas à la jouissance quand je jugerai que tu en es digne ; auparavant d’autres épreuves t’attendent ». Je joue alors avec ses seins, pinçant ses tétons pour qu’ils se dressent, je fixe alors deux pinces métalliques reliées par une chainette. En apparence la douleur est supportable mais la morsure des pinces sera moins tolérable quand j’exercerai une traction sur la chaine et chacun sait que l’afflux de sang lors de leur retrait provoque une vive décharge.

« Vois-tu jeune Catin, j’ai apprécié ton courage face au feu de la cravache, maintenant je vais te proposer de lutter contre une douleur parfois diffuse, parfois aiguë pendant que j’apprends les bonnes manières. Et pour que je sois certain que tu écoutes attentivement, je vais te bander les yeux et te bâillonner la bouche. Il te suffira d’incliner la tête pour acquiescer. Tu restes libre de tes mouvements, pour l’instant. ».

Je vis bien son léger mouvement de panique à l’idée de perdre ses repères, mais très vite elle se reprit : « Oui Monsieur »

Un masque sur les yeux, un bâillon-boule lui forçant légèrement les lèvres, la voici prête à se replier sur elle-même alors que  je vais  lui demander de se concentrer sur mes ordres.

Je laisse passer quelques minutes avant d’exercer une légère traction sur la chainette. « Écoute-moi bien jeune Catin, si tu acceptes de devenir ma soumise, tu dois retenir que je suis attaché à un certain rituel. Poser un cadre est indispensable avant tout séance. Tu vas devoir mémoriser trois positions pour te  présenter à moi.

Tout se fera en silence, seul un ou plusieurs coups retentiront quand je claquerai dans mes mains :

Un coup, et  tu te tiens debout, le  buste droit, les mains derrière le dos, la poitrine offerte et les jambes écartées.

Deux claquements, tu vas t’asseoir, toujours le  buste droit, les  jambes écartées, les mains à plat sur les cuisses, la tête et les  yeux baissés.

Trois claquements, tu te prosternes, les bras en avant, tes seins lourds frottant par terre, le cul relevé, les reins creusés.

L’une de ces postures vérifiées – ou les trois – je te  poserai ton collier et le vouvoiement sera de rigueur.

Au travail, jeune Catin, je vais vérifier que tu as bien écouté. »

O.

Mon visage entre ses doigts, je comprends avec une précision extrême la portée de chaque mot qu’il prononce et imprime dans mon esprit. J’en perçois le sens le plus pur, et il n’a pas besoin de ma réponse pour le savoir. Je n’appréhende pas autant ce qu’il va me proposer que la cravache, mais c’est une concentration différente. Je sais que je dois m’appliquer. Je reprends mes réflexes de bonne élève studieuse, toute entière tendue vers lui et ses attentes. Ma seule préoccupation est d’être à la hauteur de ces exigences à venir, de me plier à cette volonté qui me dépasse.

L’idée de perdre d’un seul coup le sens de la vue et la possibilité de parler m’arrache un frémissement mais je le laisse me préparer à sa convenance. Le bandeau est légèrement perturbant, mais la boule qui obstrue ma bouche l’est encore plus. Je ne peux déglutir convenablement. Je me demande quelle image mon visage peut renvoyer, avant de laisser ces considérations de côté lorsque ma tolérance à la douleur est à nouveau mise à l’épreuve. Ce bref éclair qui m’arrache une exclamation trouble mon cerveau. Je n’ai pas pu le voir venir. Je saisis la portée de ce simple bandeau, qui rend ses gestes imprévisibles et mon corps vulnérable. Je dois obéir, ne pas me laisser déconcentrer.

La perspective de ce rituel, incontestable et qui nous lie, pour mériter un collier et le début réel de la séance m’enchante et m’incite à hocher la tête pour confirmer. Je brûle d’impatience.

Immédiatement, deux claquements des mains  résonnent  dans la pièce.

Je dois rester à genoux, c’est un début qui m’empêche d’avoir à trop bouger avec les contraintes physiques nouvelles qui sont les miennes. Les fesses sur les talons, les cuisses écartées les seins en avant, j’incline légèrement la tête et je positionne mes mains.

Un claquement. Je me relève plus difficilement, sans pouvoir contrôler la salive qui se met à couler à cause du mouvement. Elle atteint mon menton et je me sens rougir de honte. Ne pas pouvoir contempler son regard, en cet instant précis, est à la fois un soulagement et une frustration. Mais j’accepte. Je me présente à lui, pleine et entière.

Trois lents claquements.  J’obéis, et coule à nouveau en penchant la tête en avant pour m’agenouiller, doucement, tâtonnant. Je me penche en avant me cambrant au maximum, offrant mes reins et l’arrondi de mes fesses. Je tends les bras par terre, consciente de me prosterner, presque, face à cet homme qui ne laisse pas de place au doute. Il me reçoit, dévouée.

Et à nouveau, l’attente. La chaîne entre mes seins a heurté doucement le parquet et je sens leur rondeur peser. Ma respiration est plus saccadée qu’à l’habitude, plus difficile, avec cette bouche qui m’échappe. Je sais qu’il regarde, attentivement. Je sais qu’il a analysé chaque geste, apprécié et corrigé. J’attends. J’apprends ma leçon et je me laisse guider.

Enfin, j’entends son pas. D’un geste de sa main pour relever mon menton, je me redresse légèrement. Encore quelques secondes, et la tension qui se poursuit du bout de ses doigts jusqu’au creux de mon ventre. Et la douleur, soudaine, une nouvelle fois, à la pointe de mes seins. Elle est étouffée entre mes lèvres qui transforment mon cri en gémissement, et accentue le mince filament qui coule de ma bouche. Je ne peux pas me préparer et c’est plus dur. Il recommence, maintient la position tirée et ma tête bascule en arrière.

Il me laisse haletante, et enfin j’entends ses mots.

“C’est bien, Jeune Catin. Garde bien ces trois positions à l’esprit. Je veux que tu apprennes à les exécuter sans une hésitation. Et maintenant, présente-moi ton cou.”

Je me replace à genoux, et présente ma nuque. Le frôlement sur ma peau me fait frémir. Enfin. Le symbole le plus évident de la soumission, plus complexe qu’il n’y paraît. Il m’enserre à la perfection, je me sens bien. Je suis fière, et seul le bâillon empêche mes lèvres de dessiner un sourire. Enfin. Je suis à ma place. Sa main caresse ma joue et sa voix se fait souffle.

“Vous êtes prête. Vous êtes mienne”.

Partie 2 – “La liberté, c’est la faculté de choisir ses contraintes” (A quatre mains)

O.

Je n’aurais su dire exactement de quoi il tirait son autorité. Moi qui avais toujours été un brin rebelle avec un goût prononcé pour les désobéissances volontaires, je m’étais retrouvée sans voix à l’instant même où il avait édicté son premier ordre. Sans mot dire, en rougissant, j’avais écarté les cuisses pour lui. Je ne pouvais faire autrement qu’obéir et jouer. Son regard, sa posture, son esprit, ses intonations, tout participait à cette douce sensation de n’être qu’un joli jouet entre ses mains.

Et visiblement, il n’avait pas l’intention de se contenter d’une inspection en profondeur. Il voulait m’éprouver. Physiquement, cette fois. J’avais pu observer la cravache sur le côté, en une mise en scène parfaitement choisie qui me maintenait dans l’expectative et créait une tension aussi délicieuse qu’excitante. J’attendais le moment où le cuir mordrait ma chair.

Lorsqu’il me fit cesser de jouer avec mes deux trous que j’offrais sans pudeur à sa vue, je ne pus m’empêcher de laisser échapper un grondement de frustration. Je savais, pourtant, qu’il ne me laisserait pas jouir si facilement. Haletante, je me redressai selon son exigence. Les coups n’avaient pas été réellement douloureux mais ils m’avaient rappelé ma place. L’apprentissage, cela me parlait. Plus que jamais, j’étais avide de toutes sortes de connaissances, des plus spirituelles aux plus concrètes.

Je voulais tout savoir, de l’intensité de ce lien au temps précis que chaque marque demeurerait sur mon corps. Et lorsque je compris il allait commencer à frapper, un frisson parcourut mon échine. L’idée même de la douleur provoquait en moi une excitation sourde mêlée à la crainte de ne pas pouvoir la gérer. Je voulais être fière. Je voulais encaisser.

Le premier coup tomba. Plus fort que je l’aurais imaginé. Ma bouche s’ouvrit pour dévoiler un soupir. Ils ne firent que s’intensifier jusqu’à se muer en gémissements non-retenus à mesure que ma peau rougissait et qu’il accentuait sa façon de frapper. J’appréhendais les moments où il enchaînait plusieurs coups au même endroit, et je sentis rapidement venir le moment où la douleur vraie prend le dessus.

Ce moment où le corps cherche à se dérober, où cela fait mal. Ce cap à franchir après lequel le cerveau devient saturé d’éclats de douleur et de plaisir. Par moments, seules des plaintes sonores m’échappaient et la brûlure sur mon cul me faisait cambrer les reins.

Je perdais l’équilibre. Je reprenais à chaque fois la position. Les mains dans le dos, les jambes écartées. Dans mon esprit, je m’accrochais à l’idée de ne pas le décevoir et à la fierté que je tirerais en observant le lendemain mes rougeurs. Mais je souffrais et brûlais. Mes gémissements se firent suppliques, balbutiements, alors que je serrais les poings dans mon dos. Jusqu’où voulait-il m’emmener ?

 

F.

Elle m’avait avoué aimer la morsure du cuir, gardant  en mémoire ce moment intense  quand le feu qui embrase son corps s’empare de son esprit et la transperce de  plaisir.  C’était dans ce monde connu d’elle seule que  je voulais l’emmener mais j’ignorais tout d’elle et de ses réactions.

C’est pourquoi j’avais été attentif au cadre dans lequel elle  allait évoluer. En lui permettant de voir la cravache que je comptais utiliser, je savais que je lui donnais la capacité d’anticiper sur le type d’épreuve qui l’attendait sans pour autant en connaitre la durée ni l’intensité. Tout en la rassurant, je restais maître du jeu.

Et une nouvelle fois, cette jeune Catin me surprend par sa volonté de supporter les claquements répétés qui, à force,  brûlent son épiderme et strient son cerveau. Je pensais, en guise de test,  m’en tenir un nombre restreint de coups  et j’en suis déjà à plus de  30 frappes. Je poursuis l’épreuve et je  la vois, haletante, reprendre d’elle-même à chaque fois la position  demandée puis commencer progressivement à perdre pied. Ses propos deviennent inintelligibles.

Il est temps d’arrêter. Je me rapproche d’elle, prêt à la ceinturer, la  dernière frappe lancée violemment la projette en avant, j’ai juste le temps de la retenir et de lui intimer de se taire. Elle tremble de tous ses membres. Je vais devoir la ménager, pour la première fois je la prends dans mes bras. Ce geste de tendresse  qu’elle n’attendait pas ou plus la fait éclater en sanglots. Je l’allonge à mes côtés sur le lit. La jeune femme joueuse est devenue un petit être meurtri qui se blottit contre moi.

 

O.

J’ai le cerveau saturé de douleur. J’ai besoin de toute ma concentration pour l’accueillir et l’apprivoiser. Je ne sais pas encore très bien faire. J’ai mal, je brûle. Il ne dit rien, je dois lui faire confiance mais j’ai l’impression que les coups ne s’arrêteront jamais et il devient à chaque fois plus difficile de me redresser. Je me perds au milieu de ces sensations inconnues et je crie, à pleine voix. Un dernier coup puissant me fait basculer puis m’effondrer dans ses bras. Je ne dois pas parler, et il ne reste plus que mes larmes. Elles roulent doucement, d’abord, mais je ne peux les contenir. Je lâche tout, je m’abandonne à lui. J’explose en sanglots longs et enfouis mon visage contre lui. Je suis nue dans ses bras. Vulnérable. Epuisée.

Il me faut de longues minutes pour me calmer et retrouver mes esprits. Je n’aurais jamais cru pouvoir basculer ainsi, et vivre aussi intensément cette expérience. A ses côtés sur le lit, je ne cesse de m’accrocher à lui, fort, sans oser encore relever la tête et lui faire voir mes yeux rougis. Après de longues respirations, un timide « Merci » s’échappe de mes lèvres. J’ai mal à la gorge d’avoir crié, et je ne trouve pas d’autre mot à prononcer après le cadeau qu’il vient de me faire. Je suis vivante et forte sous sa poigne brutale, et je sais que je ne désire rien d’autre désormais. Je suis sûre. J’en veux plus. Des flots d’hormones circulent encore dans mes veines, un sourire léger flotte sur mes lèvres. Je suis bien. J’aime le contraste de ses vêtements élégants et de ma nudité moite. Une première demande, mêlée de crainte et de respect teinté de curiosité. Je ne devrais pas mais je ne peux m’en empêcher.

« Monsieur. Pourrais-je vous voir nu ? »

Après l’intensité qui m’a fait sentir si puissamment mon propre corps, je suis avide du sien. J’aimerais le voir et effleurer sa peau. Il ne répond rien mais me fait lever du lit, délicatement. J’aime sa façon de surveiller que tout aille bien, et son regard sur moi. Il me fait mettre à genoux, cuisses écartées et mains dans le dos. Je ne suis pas sûre que j’aurais été capable de rester debout, mais je sais qu’une nouvelle épreuve m’attend. Il ne va pas m’épargner. Mes cuisses sont encore souillées de ses premières consignes. Face à moi, il retire uniquement sa chemise. Je n’en espérais d’ailleurs pas tant, il domine toujours le jeu. Mes fesses brûlent et je résiste à la tentation de me contorsionner pour observer leur couleur alors que je me sens à nouveau plus sereine.

Ainsi, lorsqu’il se présente avec un nouvel instrument capable de me faire à nouveau goûter à la douleur, je prends une grande inspiration et mon regard se fixe dans le sien pour lui montrer que je suis prête. J’y lis son plaisir sombre. Deux pinces reliées par une chaîne. Je connais le principe sans me rendre compte de l’intensité des sensations qu’elles peuvent offrir. Il se baisse, fixe chaque pince à la pointe écarlate de mes seins et se redresse alors que j’entrouvre les lèvres en un souffle douloureux. A genoux, je me sens encore plus petite et plus fragile. La brûlure est différente mais intense. Je ploie légèrement en avant.

« Tu devrais plutôt craindre le moment où je les enlèverai. »

Il se délecte de ma douleur et, bien que silencieuse, je me demande quand il sera question de plaisir pur. Du sien. Le regard levé vers lui, je suis brutalement submergée par l’envie de le lui offrir.

Partie 1 – “La liberté, c’est la faculté de choisir ses contraintes” (A quatre mains)

F.
Prologue

Volontairement, il avait tout disposé en évidence.

“Tu sais ce qui t’attend ”  me dit-il,  “Tu peux encore revenir en arrière, nous buvons un dernier verre et nous nous séparons”.
“Oui, je sais” répondis-je d’une voix qui se voulait ferme.
“Alors déshabille-toi… en silence et lentement que je profite de ton corps.”
Sans le lâcher du regard, je fis glisser ma robe par terre, puis les bretelles de mon soutien-gorge, je jouai un instant avec l’élastique de ma culotte avant de me dénuder complètement.
Je restai ainsi le regardant sans trop savoir quelle serait la suite. Il restait silencieux, certain que le trouble viendrait provoquer chez moi des rougeurs aux joues et les premiers picotements au ventre.
“Redresse-toi, bras croisés en arrière et écarte les jambes”.

Les ordres tombaient, me soulageant paradoxalement de ma gêne grandissante.

O.

Je n’avais pourtant jamais été aussi exposée qu’en cet instant, légèrement cambrée et offrant à sa vue mes courbes sans artifice. Il était derrière moi et je pouvais sentir son regard avec une intensité accrue. Il perçut le sentiment qui m’envahissait doucement et son exigence augmenta avec mon trouble.

“Penche-toi en avant et montre-moi.”

J’avais très bien compris ce qu’il désirait. Il aurait été pour moi cent fois plus simple de subir mes premiers coups plutôt que de livrer ainsi mon intimité à son regard perçant qui m’effrayait encore. Je me fis hésitante, et mes joues me semblèrent aussi brûlantes que ce qui palpitait entre mes cuisses depuis de longues minutes déjà. Il ne dit rien et je lui fus reconnaissante de me laisser quelques secondes de répit.

Il me fallut ces quelques instants pour faire le vide dans mon esprit et accueillir l’obéissance. Arrêter de réfléchir et obéir. Avoir confiance.

Alors doucement, je me penchai en avant. Mes mains vinrent saisir mes fesses pour les écarter avec soin. Elles s’échouèrent ensuite sur mes lèvres gonflées. Le bruit indécent de ma chair liquide révéla mon clitoris, puis ma fente ouverte. J’ haletai, et le plaisir coupable d’exhiber mon désir s’insinua violemment dans chaque parcelle de mon esprit.

Je ne pouvais pas voir son regard et préférais fermer les yeux pour me concentrer sur mes autres sens. Il ne parlait toujours pas et je m’efforçais de tenir la position. Il le faisait exprès. Il attendait. À chaque instant je me sentais couler davantage à l’idée que j’étais en train de m’offrir à lui simplement car il l’avait exigé. Et je me mettais soudain à désirer que l’insolence de mes chairs humides et brûlantes fût capable de le faire durcir.

F.

Je la regarde révéler son désir aussi crûment que l’aurait fait une vieille putain rouée.  Je ne la croyais pas capable de s’exposer ainsi dès notre  première rencontre. Il faut dire que nos échanges sont récents, trois, quatre semaines  tout au plus. Très vite j’ai été attiré par son esprit rieur et  son intelligence vive. Au fil des confidences,  elle m’a fait comprendre que derrière son air de jeune fille sage, belle à croquer se cachaient d’autres aspirations.

Des lectures fiévreuses lui avaient donné envie de s’abandonner au pouvoir d’un autre. Elle, d’ordinaire si fière et indépendante, frissonnait  à l’idée  d’être  sous la coupe d’un maître et de se retrouver  exposée, palpée, fouillée, ouverte,  offerte  à son bon plaisir. Une première expérience l’avait laissée sur sa faim mais l’avait confirmée dans son désir  de n’être plus qu’un corps jouissant où plaisir et douleur s’entremêlent à l’infini.

Aussi, malgré l’éloignement et la différence d’âge entre nous, elle avait accepté que nous nous retrouvions en « terrain neutre » avait-elle dit en riant.

Je l’avais laissé libre de choisir sa tenue et le jour dit,  j’ai vu apparaitre une jeune femme pétillante,  aux yeux rieurs, ne cachant pas  ses rondeurs appétissantes.  Le repas  a été l’occasion de la tester par des épreuves  passées inaperçues des  autres clients : garder les jambes écartées sous la nappe amidonnée, se caresser et goûter ses doigts enrobés de son émoi en attendant la commande. Seul, le serveur avait  pu remarquer la rougeur de ses joues et un léger tremblement de la voix au moment où elle énonça le choix de ses plats. Au cours du repas, la discussion alla bon train, nous échangions sur nos goûts réciproques.  La diablesse a en même rajouté  au moment du dessert en trempant son doigt dans la crème de chantilly pour mieux le sucer.

Je l’ai sentie plus fébrile en allant à l’hôtel, aussi je pris le temps de lui proposer un verre au bar  afin qu’elle se reprenne et qu’elle choisisse d’elle-même si le « vrai » jeu commençait ou non.

Elle avait dit oui, cela signifiait qu’elle devenait, pour la nuit  qui commençait, une Catin offrant ses charmes sans mot dire et exposant son corps à la morsure du cuir.

Je l’ai laissée ainsi dix minutes à exhiber son cul, lui demandant simplement de se doigter sans vergogne. Au moment où sa respiration s’accélère, alors qu’elle s’apprête à  haleter de plaisir, je saisis la cravache qu’elle avait vu posée sur la table basse et je la fais claquer par deux fois sur ses fesses, l’arrêtant  net dans sa volonté de jouir.

« Jeune Catin, sache que ton plaisir m’appartient. Tu apprendras à jouir seulement à ma demande. Pour l’instant, redresse-toi, reste les jambes écartées et croise les bras dans le dos. Il est temps de passer aux choses sérieuses. »